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Le point sur les actualités du mois avec Franck Laumon

Publié le : 07/10/2020 à 14:02:53

Ces dernières semaines, plusieurs entreprises vous ont contacté pour avoir recours à votre offre de CFO part-time. Pourquoi font-elles ce choix ?

Nous recevons effectivement de plus en plus de demandes pour ce type de prestation. L’intérêt de passer par un CFO part-time s’explique par la palette variée des interventions qui peuvent être mises en place.

Chaque entreprise qui nous sollicite a un besoin différent : celles qui n’ont pas de service DAF en interne peuvent demander un accompagnement financier global – un vrai rôle de DAF en quelque sorte – d’autres veulent être aider sur des sujets spécifiques, tels que la réalisation d’un BP, d’un reporting, d’un prévisionnel de trésorerie, etc. , et celles qui ont un service DAF en interne et ont un besoin ponctuel de renforcer leur équipe (ressource ou compétence), par exemple préparer une levées de fonds ou les assister pour une intégration d’une acquisition.

Une autre raison de l’intérêt grandissant pour ce type de mission s’explique par la situation économique actuelle. Dans un contexte incertain, la 1ère embauche d’un CFO full-time peut être repoussée afin de réduire le budget, de mieux paramétrer la mission et de garder de la souplesse.

En période économique complexe, les entreprises ont-elles intérêt à privilégier des CFO part-time plutôt que full-time ?

Pas forcément, cela dépend de l’activité, de l’organisation et du stade de développement de l’entreprise. Une chose doit néanmoins rester à l’esprit avant d’embaucher un CFO. On recrute bien souvent un CFO avec un scope relativement large (comptabilité, reporting, BP, juridique, administratif, etc.), mais il ne faut pas oublier qu’il sera également accaparé pour une partie de son temps sur des missions opérationnelles qui sont normalement délégables à un comptable / RAF ou à un(e) office manager.

Le CFO part-time permet d’avoir quelqu’un qui intervient uniquement sur des tâches bien précises à fortes valeurs ajoutées. Il faut vraiment voir ce rôle comme un complément de l’équipe financière d’une entreprise.

Quel est votre ressenti sur l’activité économique des entreprises en cette période ?

Globalement l’activité redémarre mais à un rythme ralenti. Malgré cela, plusieurs startups ont réussi à réaliser des levées de fonds record : Mirackl 260 M€, Sendinblue 140 M€, Sophia Genetics 94 M€, Exotec 77 M€ et plus récemment Ynsect 190 M€. D’ailleurs Sophia Genetics est un client de Dafinity.

Certains secteurs économiques tournent à flux tendu en termes de business, là ou avant ils possédaient une vision économique à moyen terme. Les projections commerciales varient grandement en fonction des secteurs. Il est donc délicat d’émettre un avis global sur l’activité économique.

Et sur la santé financière des entreprises ?

C’est une évidence, la santé financière des entreprises est globalement moins bonne qu’avant le confinement. Les PGE ont permis d’amortir les effets de la crise, de donner une bouffée d’oxygène aux entreprises, le temps qu’elles se réorganisent et que la machine se relance. Cependant, certaines structures vont inévitablement connaître des difficultés de remboursement sur les prochaines années.

Dans ce type de situation, il faut rester attentifs aux créances clients. Doit-on continuer à accorder des délais de paiement à des entreprises qui affichent déjà des retards ? Ne doit-on pas prendre des garantis contre les impayés ?

C’est un point sur lequel il va falloir être vigilant et pas uniquement sur les prochains mois mais sur les prochaines années. Tout doit être mis en place pour éviter les « creux » de trésorerie, autrement dit le mur de la dette.

Quels sont vos conseils pour bien aborder ce mois d’octobre ?

Sur les projets qui nécessitent des investissements : ne pas hésiter à réaliser des stress case. Essayez de tester au maximum les business plans. Que se passe-t-il si les hypothèses de croissance ne sont pas au rendez-vous ? Comment le projet peut-il fonctionner ? Est-il possible de downsizer la taille du projet ? De rendre les coûts plus flexibles ?

Crise ou non, ne pas hésiter à récupérer tous les financements que l’on peut obtenir. Lancer des recherches de subventions, de prêts bancaires et essayer de revoir à la baisse les coûts de fonctionnement de votre entreprise.

Il faut rester prudent et réintégrer le concept de gestion en bon « père de famille ». Les conséquences économiques du Covid sont loin d’être totalement matérialisées et en tant que CFO, c’est dans notre nature de rester prudent. Je recommande donc aux entreprises de veiller à renforcer le niveau de leur trésorerie en cette période.

Un mot d’ordre : la vigilance !